Nous voila arives a Xi'an, capitale antique de la Chine unifiee, apres un voyage de nuit amusant. Le train qui part de Pingyao, cite que nous quittons avec tristesse, est un veritable immeuble sur rails. Ayant achetes nos billets a la derniere minute, nous passons la nuit au troisieme etage de couchette, colles au plafond et loin de la vitre ou defile les paysages du Shanxi.
Xi'an est une ville moderne, a la circulation intense. Pietons et vehicules nous oppressent. Les remparts de pierre sont les seules traces de ce que fut jadis la cite, la Rome d'Asie. Xi'an etait, aux siecles anciens, le depart de la Route de la Soie. Les tombeaux qui parsement la campagne environnante sont des marques indelibiles de la richesse et du pouvoir de ceux qui dominaient la Chine il y a deux mille ans.
Malheureusement, Xi'an nous decoit vite. La chaleur et la nourriture suspecte ont raison de nos sante. Succesivment, nous sommes malades et passons nos journees a l'auberge, cherchant le repos. D'autre part, la ville est loin de nos attentes. Nous nous attendions a deambuler au milieu des vestiges du passe alors que la ville n'est autre qu'une metropole moderne de cinq millions de personnes. Les immeubles apple et les macdo ont remplaces les palais et les fontaines.


Retablis, nous allons visiter le musee du Shanxii, repute comme etant le plus beau musee de Chine. La bas, dans des salles sombres, sous les vitrines eclairees, se tiennent des merveilles de bronze, de terre et d'or. Nous sommes tres impressionnes devant la richesse archeologique de cette region de Chine.

Le lendemain, nous partons plein d'attentes en direction de la huitieme merveille du monde : l'armee de terre cuite, element du mausolee de l'empereur Qin Shihuang. Impatients de decouvrir les visages des milliers de soldats alignes dans les fosses, prets a lancer l'assaut, nous nous rendons dans ce qui ressemble au loin a un complexe betonne. Surpris, nous decouvrons des etales ou les marchands vendent des peaux de chats et de chiens, des statuettes de soldats en tous genres, sous un soleil de plomb, dans des alles de ciment. Mais ou est donc l'armee ? Ou se trouve la campagne vierge ou furent decouverts, dans les annees 70, cette merveille du patimoine ? 75 yuans plus loin, nous avons la reponse.

DSCN5258Les soldats sont preserves sous une chappe de ciment, ressemblant a un hangar. Conscient du soucis de proteger la decouverte, nous entrons a l'interieur impatients et emus.
Le spectacle est tout de meme grandiose. Devant nous, comme si nous etions des generaux de l'epoque ancienne, les soldats attendent nos ordres, alignes, sous les bannieres du tourisme de masse. Le soucis est que nous ne sommes pas les seuls a vouloir commander. Les touristes chinois sont aussi nombreux que les soldats et forment une armee desordonnee qu'il nous faudra affronter. Nous sommes ravis de nous trouver la, devant ce spectacle immobile et non ephemere. Ce ne sont pas les faux archeologues qui miment de fouiller les lieux, sous le regard ebahis des touristes, qui nous voleront notre plaisir.


Le lendemain, non repus de denrees archeologiques, nous faisons route difficilement vers le tombeau de l'empereur Jingdi, autre merveille des alentures de Xi'an. Jingi, qui regna au deuxieme siecle avant J.-C., repose toujours dans un tombeau-montagne tronant dans la campagne a cote de celui de son epouse. Les deux amants se font face sous leurs monticules d'argile et au milieu a ete amenage un joli musee. C'est celui ci que nous visitons. Doux reveurs que nous sommes, nous pensions explorer le tombeau lui meme tels des Carter dans la demeure de Toutankamon.
Il faut l'avouer, le musee est tres bien pense. Nous marchons au dessus des fosses excavees, sur des sols vitres, et decouvrons sous nos pieds les reliques funeraires accompagnants l'empereur. Un spectacle d'hologrammes nous fait revivre les derniers jours de l'empereur. Tout proche, un second musee renferme une impressionnante collection de statuettes funeraires, dont des petits guerriers rappelants ceux vus la veille.


Apres ce sejour a Xi'an, nous avons embrasse des bribes de la Chine ancienne et desormais nous partons decouvrir une autre facette de ce pays. A travers les montagnes du Sichuan et les bamabous de l'ouest, nous esperons rencontrer les habitants des hauteurs et pourqui pas s'attarder dans quelques maisons de the autour d'une tasse du suculant breuvage, afin d'observer la vie qui s'y trouve.  Chengdu nous attend et nous ne la ferons pas patienter davantage.


De Kangding, le 15 juin 2012