C'est en un debut d'apres midi brulant que nous arrivons aux portes de la cite de Pingyao. Les grands remparts de pierres grises qui s'elevent et encerclent la ville nous ouvrent leurs portes pleines de mysteres et d'histoire. Nos deux enormes sacs sur le dos, nous penetrons dans l'enceinte, non en conquerants occidentaux mais en amis de la Chine qui aspirent a rencontrer les hommes et les femmes qui peuplent cette ville a part.
Nous deposons nos affaires et notre fatigue dans une chambre confotable attenante a une cour interieure ancienne. Nous voila pojetes dans la Chine medievale. Desormais seuls les telephones portables aux mains des chinois et les klaxons des motos electriques sont la pour nous garder dans le siecle. Peu importe, Claire et moi resterons pour quelques jours dans le moyen age chinois.  Nous trahirons tout de meme notre serment en avalant avec joie quelques coca cola sous la chaleur des ruelles grises. Preuve qu'ici meme l'occident a pris de siege les fortification de l'ancienne Chine.

Le cite de Pingyao, malgre cela, conserve son ame d'antan. Deux rues principales se croisent en son centre et autour, comme sur un echiquier de marbre, se deroulent en ligne les ruelles aux charmes sans pareil. A pied, nous decouvrons des petites cours interieures preservees des ravages du temps. Les chinois a velo sillonent la ville et d'autres sont assis dans les rues et jouent ensemble au majong et aux cartes. Pingyao est une ville ou le velo est roi. Nous decidons tous deux de rencontrer la ville au rythme du deux roues et louons un tandem rouge camarade. Sur ce lent bolide, nous parcourons une journee entiere les allees pavees, rendues fraiches par le vent sur nos epaules sous l'allure du velo. C'est un delice. Nous dembulons a l'abris des regards, dans des coins oublies de la ville. Nous finirons notre course dans la petite cour privee d'un habitant ou nous apercevons un cochon et quelques poules. L'homme nous regarde en riant.

       C'est a Pingyao egalement que nous retrouvons par hasard Claude, le vieux belge aux mille histoires de voyage, rencontre a Pekin. Heureux de se retrouver, il nous porte a la rencontre d'un ami a lui, rencontre l'annee derniere dans la ville. L'homme fabrique des chaussures et tient l'une des boutiques de chaussons chinois les plus renomees de la cite. Ce petit bonhomme souriant nous accueille et retrouve son ami Claude, qui d'ailleurs figure en photo dans la boutique coloree ou il nous recoit. Ce personnage fantasque apprend le francais au gres des touristes francophones qu'il rencontre. Il est tres amusant et nous debite avec humour les phrases francaises qu'il maitrise : 'je sais qu'en france il y a beaucoup de grandes villes', 'les francais sont charmants', 'quelle est la pointure madame?'. Ce petit bonhomme attachant deviendra un ami que nous visiterons chaque jour. Il nous enseignera des bribes de chinois et nous du francais. En realite les chinois sont tres accueillants et, avec les mongols bien sur, ils sont une belle surprise pour nous. Ou que ce soit nous sommes bien recus, le sourire des gens nous pousse a continuer d'explorer ce grand et beau pays.

29 - dans la boutique
     Avant de quitter Pingyao, Claude, notre ami belge qui nous fait penser a Tintin en retraite, nous offre un dernier verre de vin jaune, alcool de riz local. Avec tristesse, nous disons adieu a cet homme que nous ne reverrons probablement jamais. Qui sait peut etre le recroiserons nous plus loin, dans son fief de Liege ? Nous l'esperons en tous les cas. Pingyao est une etape que nous avons su aprecier, loin de la cohue et des foules pekinoise, cette ville merite un detour. Elle nous plonge dans la Chine ancienne, celle que nous avons revee, celle que nous revons tous...
         La prochaine etape de notre voyage est Xi'an ou nous allons aller combattre de nos regards admiratifs la gigantesque armee de terre cuite du premiere empereur Quin. Nous esperons que la capitale de l'antique Chine des Quin et des Han sera a la hauteur de nos esperences.


                                          Bonne lecture et a tres vite.
                                          De Chengdu, le 12 juin 2012